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Souvenirs, souvenirs

Christophe “Highlander” Lambert

Un souvenir d’enfance en attire un autre…

Christophe Lambert. Ce nom ne dit peut-être rien aux jeunes d’aujourd’hui, mais de mon temps c’était une idole vénérée (“le temps gagne tout le temps, il est invaincu” –Rocky Balboa, sacrée référence que je vous place ici).

Christophe était de passage à Nantes pour la promo de son nouveau film (Highlander 2, une merde sans nom comparée au chef-d’oeuvre qu’était le premier Highlander). C’était au Tacoma (un magasin de merde qui s’est cassé la gueule après la venue de la FNAC (en 97 je crois), bien fait pour eux).

Bon, j’avais cours de math précisément à cette heure-là, mais qu’importe, j’ai séché le cours. J’ai bien fait. Mon absence n’est pas passée inaperçue au lycée, mais la CPE était super sympa, elle a laisse coulé avec mon excuse bidon. (l’année suivante on a d’ailleurs eu un CPE complètement barge, une sorte de pitbull croisé avec un taureau fou, on le surnommait “Red Vador” parce qu’il avait la face rouge et il inspirait la terreur).

Bon, la rencontre avec Christophe fut globalement nulle, sauf quand j’ai pu lui parler.

Ça fait quoi d’être Christophe Lambert?
Rien. T’es comme tout le monde, des fois tu passes l’après-midi avachi sur ton canapé à regarder la télé (tout en haussant les épaules et en ayant la bouche en ~)

Passons sur ma question conne.

La rencontre était peut-être nulle, mais avec toutes ses réponses aux questions des visiteurs, son comportement, tout ça, je peux dire avec certitude: Christophe Lambert est un gars bien et sympa. Le plus sincèrement du monde, c’est vraiment un chic type. C’est mon opinion et je la partage avec vous. Je suis ravi d’avoir pu le rencontrer.

Pour l’anecdote, le lendemain ma mère feuilletait le journal sur la table de la cuisine et elle me dit “t’as vu, Christophe Lambert était a Nantes hier après-midi”. Je regarde le journal. L’article prenait toute la page, avec une photo de groupe des visiteurs de la veille qui prenait le tiers de la page…j’étais au PREMIER PLAN de cette putain de photo. Je me suis pas attardé, j’ai dit “oui oui je sais…”, et elle est passée à la page suivante.

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Vue

Vue du bureau. Elle a l’air bien grande cette tour. Surtout quand on compte le nombre d’étages dans les immeubles à son pied; 10 étages pour le petit immeuble, 17 pour l’immeuble jaune. Ah oui, en fait elle est vraiment énorme cette tour.

Je me rappelle enfant, visitant mon oncle dans sa grande tour dans l’énorme ville de Lyon. Elle était tellement énorme qu’on voyait la ville “d’en haut” et toutes ces lumières de la ville la nuit, c’était superbe. J’appréciais beaucoup ces visites chez mon oncle, en petite partie pour cette riche expérience grande ville/grande tour/vue magnifique.

En fait, avec 500.000 habitants, Lyon n’est pas bien grande.
Et en fait de grande tour, c’était une barre de béton genre HLM de 10-15 étages.

Les enfants déforment tout. Ça leur rend les choses belles. La nature a fait les choses comme ça parce que les enfants ne peuvent pas faire face à une dépression. Et les enfants qui ne voient pas les choses en beau, ils deviennent psychopathes ou tueurs en série (voire même tueurs en série psychopathes). Ou il leur arrive d’autres trucs pas gai.

Les adultes, c’est le contraire. Ils déforment tout aussi, mais ça rend les choses moches. Sauf pour une poignée d’individus bizarres.

Pour revenir à mes visites à Lyon, la vue de l’appart était, elle, vraiment bien. C’est incomparable à ce qu’on peut voir à Tokyo, mais à chacun son échelle.

Les lumières de la ville la nuit, sacré sujet dont je ne viendrai pas a bout encore aujourd’hui. Quand j’étais enfant, de ma chambre a Nantes (ou plus exactement de la banlieue Nantaise), je pouvais voir Nantes. Bon, c’était l’extrémité de la ville (si ça se trouve c’était même pas Nantes mais une autre ville périphérique), et c’était pas une vue “d’en haut”, mais il y avait plein de “lumières de la ville”. J’ai passé tellement d’heures à contempler cette vue…pendant… 16 ans(?)… surtout pendant les longs étés où il n’y avait pas grand chose à faire. J’ai rêvé de beaucoup de choses pendant ces moments, par exemple du Japon. Je me sentais bien des fois.

 

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Smart-Ass

Pas un super souvenir, mais on choisit pas ce qui reste.

En classe de 5e, cours d’anglais, à la fin de la classe quand tout le monde est parti (pour pas foutre la honte). Je vais voir ma prof d’anglais et lui dit:

– Madame, comment on prononce le mot qui s’écrit N-E-W
– “New” (prononcez “niou”)
– Mais madame, le nom de la capitale des Etats-Unis, comment il se prononce?
– Ah. C’est “New-York” (“prononcez “niou yorke”, et non pas “nou yorke” comme tous les Français le prononcent, moi compris)
– Ben non, Madame. C’est Washington.

Ahah. Le ptit con que j’étais. C’aurait été le bon moment pour elle de m’apprendre un nouveau mot anglais: “smart-ass”.

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Mes notes du bac

Mes notes au bac (toutes sur 20). C’était en 1993.
Français oral: 13  (pourtant j’avais bien récité tout mon cours)
Français écrit: 14  (pourtant mon style à l’écrit, hein…)
Maths: 15  (c’était mon point fort et donc ma filière)
Physique: 15 (idem)
Biologie: 8  (pourtant je suis sorti de la salle en 30 minutes, sur une épreuve de 2 ou 3 heures)
Histoire/Géo: 8  (en géo prestation merdique sur la Chine je crois, histoire je me rappelle plus)
Anglais: 13  (pourtant je parlais bien anglais. On m’a saqué sur le contenu de mon commentaire je crois)
Philosophie: 7 ou 8 je crois. (La matière que j’aimais le moins… avec l’)
Espagnol (option): 10 (la matière où j’étais le plus nul. J’avais fait une prestation catastrophique, j’hispanisais des mots français etc., une horreur)
Sport: 17 je crois, je me rappelle plus trop. (la natation m’avait bien coulé (ahah), et quelques épreuves de stade -surtout les lancers- où mes perf n’étaient que moyennement bonnes)

Je n’ai oublié aucune matière je crois?

Total mention assez bien (=12 de moyenne, grâce aux coefficients hyper-avantageux des maths et physique, et à 3 points accordés gracieusement par le jury). On n’avait été que 3 dans ma classe à avoir une mention.

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Souvenirs, souvenirs

Le footballeur

Année scolaire 1992-1993. Un souvenir bien en relation avec mon occupation du moment.

En terminale au lycée. On avait deux footeux dans la classe, dont un qui ne pensait qu’à ça en dehors du lycée. Notre classe finira d’ailleurs championne du lycée cette année. Je n’avais perso participé qu’aux matches de poules, parce qu’à partir du tableau final (demi ou quart de finale, je sais plus), les équipes avaient moins de joueurs, et j’étais pas dans les 5 meilleurs de la classe (en fait, ils avaient recruté un ou deux autres gars très forts d’une autre équipe de terminale qui avait été éliminée dans les poules: un peu de la triche, mais bon, c’était passé). Le gars en question, une star du foot.

Le gars était a priori sympa. J’écris a priori, parce qu’il était super intraverti. Super discret, mais avec une grosse étiquette “foot” sur le front. On ne s’est pas beaucoup parlé de l’année. Ses potes n’étaient que des footballeurs. Pas des gros bœufs, mais un peu club très réservé, sans dédain apparent. Pas “mal-aimés”, pas “m-as-tu-vu”, pas “adulés”, mais plutôt transparent.

Un week-end durant cette année, il y avait eu un tournoi de tennis à Rezé (même ville que mon lycée). Je devais être aux alentours de 15/3 cette année. Pendant que je faisais un bon match, (beau jeu et j’écrasais mon adversaire) ce gars de ma classe passait par là, m’a vu, et a regardé une partie de mon match. Entre deux points du match, en allant ramasser une balle, je suis passé pas loin de lui, l’ai vu, et il a hoché la tête, comme on fait à un camarade de classe qu’on connait mais qu’on ne fréquente pas particulièrement, qu’on rencontre par hasard pendant le week-end, pour dire bonjour.

Le lendemain matin, au lycée, le gars m’avait dit bonjour! Première fois de l’année. Et on se dira bonjour tous les jours jusqu’à la fin de l’année après ça. C’est aussi la raison pour laquelle j’avais été selectionné dans l’équipe de foot quelques mois plus tard.

J’avais trouvé ça très bizarre (assez pour que je m’en rappelle encore, 20 ans plus tard), mais ça m’avait fait plaisir. On s’est pas rapproché pour autant et le gars est resté largement transparent pour moi; je ne me rappelle plus ni de son nom ni de son prénom, et je n’ai aucune idée de ce qu’il a fait après le lycée.

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Loisirs Souvenirs, souvenirs

Sneakerhead

Depuis que mon âge tient sur deux chiffres, j’ai toujours été fasciné par les chaussures de sport Nike. Je me rappellerai toujours de ma première paire de tennis Nike quand j’étais… umh… en 5e ou 4e (avant elles on achetait toujours les nastases d’Adidas, dont je détestais le look). Elles étaient bien plus chères que les Nastase, mais elles ont duré bien plus longtemps que les nastase (genre 3 fois plus longtemps), et elles avaient un design d’une qualité à des années lumières des pauvres nastase. Mes parents n’ont jamais posé de problème à continuer à m’acheter des Nike (à ma grande surprise), et en fait depuis ce jour où j’ai eu mes premières Nike, je n’ai fait que un ou deux écarts (en 25 ans donc). Je me rappelle en particulier d’une paire de Reebok au look excellent, mais qui m’ont laché en 2 semaines (contre en général 6 mois pour les Nike, donc).

En plus, à l’époque les chaussures de sport dites “multisport” n’existaient pas, et donc le focus du design des fabricants allaient sur les chaussures de sport bien définis, basiquement: running, basketball, tennis. Les chaussures de hand avaient une semelle spéciale rendant la chaussure difficilement mettable en dehors des salles de hand, les chaussures de foot… euh, avec les crampons, pas pratique en dehors du terrain de foot, etc.

C’était donc une époque où les chaussures de tennis avaient un design très recherché. J’ai eu des modèles formidables… je vous le redis, ma première paire de Nike, je m’en rappelle encore bien. Je voulais même dormir avec à l’époque. Grâce à internet, je devrais pour voir retrouver quel modèle c’était. Je vais essayer dès que j’aurais un peu de temps.

Puis les chaussures “multisport” sont sorties (malgré leur nom, elles n’existaient pas pour faire du sport, mais pour trainer en ville), et le design des fabricants s’est clairement concentré sur ce type de chaussures. Vers la fin de ma carrière de tennisman, les chaussures de tennis avaient un design assez basique/ennuyeux. C’est toujours le cas en ce moment, de ce que je peux voir.

Mais la fin de ma carrière de tennisman correspond au début de ma vie active, c’est à dire le moment où on commence à toucher du pognon conséquent à la fin de chaque mois, et à pouvoir se faire plaisir sur des conneries. J’ai sauté à pied joints dans les sneakers, et depuis un peu plus d’une dizaine d’années maintenant, je m’achète régulièrement des shoes Nike qui ne me servent pas à faire du sport. Depuis que je suis dans la vie active, je n’ai mené des chaussures Nike en fin de vie que 2 fois… ben oui, vu que je ne peux les mettre que le week-end ou en vacances, j’arrive pas à les user jusqu’au bout, et après 5 ou 6 ans utlisant la même paire de shoes, on se lasse.

J’ai compté dans ma commode; j’ai actuellement 9 paires de Nike. Je suis un exemplaire soft de ce qu’on appelle un sneakerhead (“soft” parce que mes achats sont plus ou moins contrôlés, et je n’achète guère plus d’une ou deux paires par an en moyenne. Et puis je n’achète que des Nike).

Depuis longtemps, j’ai aussi toujours eu une paire de Caterpillar, coquée si possible, et toujours montante. Mais récemment, les Caterpillar ont commencé à me fatiguer; un peu trop lourdes (duh!), un peu trop dures (duh!), pas forcément adaptées à de longues marches, surtout avec des enfants (duh!), pas imperméables, froides en hiver, trop chaudes en été. Ça fait beaucoup de défauts. Alors j’ai cherché un équivalent chez Nike. J’ai trouvé un vieux modèle de… 2008 (?). Pratiquement introuvables au Japon, surtout à ma taille (US: 12, JP: 30, FR:46), j’ai trouvé une paire sur eBay.

La chaussure est un hybride de deux modèles, utilisant une semelle goadome (la collection de chaussures de marche en montagne de Nike) avec un corps de foamposite (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un design assez connu chez Nike), le tout transformé en botte (chaussures montantes). Elles sont imperméables, la semelle est faite pour la marche, et elles gèrent bien la chaleur (le pied reste au chaud, et si trop de chaleur, elle est évacuée). Formidable. Elle sont énormes (j’adore), elles sont légères (comparées aux Caterpillar, même si on sent bien que la semelle est quand même sacrément lourde par rapport à une paire de sneakers normale), et le design est à mon avis excellent. Bon, la couleur violette posera peut-être problème selon les fringues que je mettrai (j’ai pas trouvé de couleur noire, ou alors trop cher), mais c’est un violet sombre discret qui paradoxalement est relativement passe-partout (relativement).

Quand je commence à faire des achats, je ne peux pas m’arrêter. Lors de mes recherches, je suis tombé sur des Air Jordan formidables. J’ai toujours été intéressé par les Jordan, mais bizarrement n’en ai jamais acheté (plusieur raisons à mon avis: peu de modèles au Japon, trop chers, etc). C’est fait maintenant.

Je n’aime pas trop les designs récents des Jordan (il y en a des excellents), mais les vieux modèles par contre… alors je me suis décidé sur un modèle rétro, et assez discret (?). Les Air Jordan retro 9 Cool Grey.

Je recommande le site kicksonfire.com pour les sneakerheads.

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Souvenirs, souvenirs

Stokes

21 Juillet 2011

M. Stokes était l’admin systèmes de la compagnie où je travaille actuellement. Venant moi-même de l’admin système (entre autres fonctions) quand j’ai rejoint cette entreprise en 2006, je me suis trouvé des atomes crochus avec elle rapidement. On a eu une bonne relation, vaguement privilégiée, on allait au lunch ensemble parfois, etc (rien d’extraordinaire non plus). Elle m’avait raconté un peu l’histoire de sa famille, 100% japonaise mais divorcée d’avec un Australien, grande fille qui venait de finir ses études, sa nouvelle passion pour les chats (elle en avait acheté deux récemment).

On a eu un petit clash quelques années plus tard, la politique de sa division allant à l’encontre de mon travail dans ma division, je ne me rappelle plus exactement ce que c’était, mais c’était une broutille. Le genre de clash qui se répare facilement et rapidement pour des gens proches, mais dans ma boite personne n’est proche de personne. La broutille en question a stoppé notre relation amicale, mais ce n’était que temporaire.

Et puis en Octobre 2010, il y a eu l’annonce de son départ en retraite à la fin du mois (elle prenait 60 ans). Elle déclara qu’elle alla reprendre des études à la fac, détestant rester inactive. Je n’ai pas eu le temps d’aller la saluer avant son départ, mais j’étais sûr que j’allais la revoir, qu’on allait retomber l’un sur l’autre au hasard d’une sortie à Tokyo, ou que j’allais enfin laisser un message sur son blog, ou qu’elle me contacterait sur mon facebook. Bref, le vide de communication était toujours là depuis la broutille, mais il était temporaire.

Et le temporaire a eu une grosse rallonge; fin juillet 2011 l’annonce de sa mort traversa la boite. J’étais dans la liste des “privilégiés” (une vingtaine de personnes) qui reçut de première main l’annonce de la part de son ancienne division. Crise cardiaque, mort subite et rapide. Il paraît qu’il y a un défaut congénital au cœur dans sa famille.

Passé l’effroi inévitable de l’annonce, ma première pensée fut pour ses chats. J’ai pensé à contacter la famille pour proposer de les reprendre si il n’y avait aucun volontaire, mais je ne l’ai pas fait.

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La clé

Automne 1990, Lycée Jean Perrin

Le lycée ne fut pas drôle pour moi (j’en reparlerai peut-être dans le futur), il y avait comme une perte de temps considérable tous les jours, tout le temps. Le midi par exemple: on finissait les cours au plus tard à 12h, la cantine finissait 30 minutes plus tard, et on devait attendre la reprise des cours au plus tôt à 13h30.

Quand il faisait beau on pouvait être sur la pelouse dehors ou sur un banc, mais en automne/hiver il faisait froid… on se réfugiait alors dans le bâtiment où il y avait les salles de classes. Les couloirs étaient de vrais courant d’air, et les salles de classes fermées à clé 90% du temps. Pour couronner le tout, on n’avait pas le droit d’être dans ce foutu bâtiment en dehors des heures de cours, sûrement par peur des dégradations. Alors des fois on se faisait attraper dans les couloirs (“sortez d’ici!”), mais quand on trouvait une salle de classe ouverte, personne ne nous débusquait et on était au moins tranquille et au chaud. Mais comme elles étaient fermées la plupart du temps, ça n’arrivait pas souvent.

*         *         *

Ce jour de la semaine, nos cours commençaient à 9h (le lycée commençant à 8h), par un cours d’anglais. Mon meilleur pote du moment devant prendre un bus qui l’amenait au lycée à 7h45 (la joie d’habiter à 20 km du lycée), et moi n’ayant pas forcément d’intérêt à arriver tard, on se retrouvait souvent devant la porte de la classe entre 8h et 8h15, et on restait là à attendre et à discuter de choses de notre âge jusqu’à 9h.

Ce jour-là, vers 8h15, on était arrivés devant la porte de la classe comme d’habitude, mais étions restés devant la porte à fixer sa serrure: un trousseau de clés y pendait. La prof qui faisait cours à ce moment à l’intérieur de la classe (notre prof du cours de 9h) avait ouvert la porte à 8h, fait rentrer tous les élèves, et avait refermé la porte derrière elle… en oubliant de reprendre sa clé et le trousseau.

Après 5 minutes pour se donner du courage, on a retiré la clé touuuuut doucement de la serrure, pour que la prof à l’intérieur ne l’entende pas. Puis on a filé hors du lycée, dans le Mister Minit qui lui faisait face. On a fait faire un double en 5 minutes (c’était une clé toute conne bien sûr), puis sommes retournés devant la salle de classe.

A 9h, la salle s’est vidée de ses élèves du cours de 8h, puis nous et nos camarades de classe sommes rentrés. Je me suis dirigé vers la prof et lui ai donné son trousseau de clé “Madame, vous avez oublié vos clés sur la serrure”. Et la prof de répondre: “Ah merci, je ne suis vraiment pas du matin”. Elle était sympa cette prof.

Je ne me rappelle plus son nom, mais c’était le genre de prof dont personne ne se rappelle. Ne serait-ce que pour cette anecdote, je ne me serais sans doute pas rappelé d’elle. Elle était sympa et sérieuse, dans la cinquantaine, pas à faire chier les élèves, mais pas non plus à essayer de motiver les derniers de la classe. Elle faisait son travail, ni plus ni moins, et ne voulait pas d’emmerdes. Accessoirement, de tous les profs qui nous ont montré des vidéos ou films pendant leurs cours, c’était la seule à nous avoir montré des truc biens: Witness et Mississipi burning.

Grâce à elle, bien qu’involontairement, moi et mes potes avont pu passer tous nos midis de froides journées dans les salles de classes chauffées, jusqu’en 1993.

Elle m’a aussi permis d’avoir cet excellent souvenir d’avoir fait en cachette un double de la clé d’un prof et de m’en etre servie des dizaines ou centaines de fois, ce qui n’est quand même pas donné à tout le monde.

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Souvenirs, souvenirs

Souvenir de Martinique

Martinique, Noël, probablement 1975 ou 1976.

On est tous (les enfants) assis d’un côté de la terrasse ou pièce, les cadeaux sont sur une table de l’autre côté. On attend tous le signal pour aller se servir.

Le signal arrive. Je me précipite et prends la première chose qui me tombe sous la main (n’importe quoi c’est bien parce que tout ce que je veux, c’est recevoir un cadeau de toute façon).

Une boite de crayons de couleur. Je reste sur place à me demander ce que c’est et à quoi ça sert (à la fin j’ai compris). C’est alors qu’un prof se jette sur moi et me dis, gentiment mais fermement que non, ça c’est un cadeau pour les enfants plus grands, que les cadeaux pour mon âge sont sur la table là-bas.

Je réfléchis. Je me dis que les crayons de couleur, j’en ai rien à faire. Mais remettre le cadeau en place, j’ai la honte. Je sens bien que le prof est embêté, mais aussi qu’il ne me le laissera pas. Je finirai par remettre la boite de crayons de couleur en place et sans dire un mot, me précipiterai vers là où il y a les cadeaux pour mon âge. Je ne me rappelle pas du cadeau que j’ai reçu finalement.

Ce souvenir est mon premier souvenir d’empathie; je me suis pris les sentiments du prof en pleine face, et ça a été un sentiment extrêmement bizarre et gênant.

Quand je ressens ce que mon interlocuteur ressent (notez que je ne fais peut-être que m’imaginer ce qu’il ressent), c’est toujours la même sensation aujourd’hui, et je me rappelle toujours de ce noël en Martinique. Si seulement on pouvait contrôler notre empathie.

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Brève de MacDo

Le MacDo rue de Rennes à Paris, 1999.

J’ai travaillé à ce MacDo entre 1996 et 1999, pendant les vacances scolaires uniquement (vu que je n’habitais pas à Paris).

Il y avait toujours beaucoup de turn-over dans le staff, et à chaque nouvelles vacances, je voyais des nouvelles têtes, des nouveaux managers. Apprendre à connaître les nouveaux était toujours très rapide et très intéressant. Il y avait des cons, mais c’était une extrême minorité. En général, au pire on n’avait juste pas d’atomes crochus.

Je me rappelle de ce nouveau venu à l’été 1999, tout peureux et gentil mais qui au bout de 1 semaine et beaucoup plus de confiance en soi était devenu arrogant et grosse gueule, sans être méchant pour autant.

On était tous les deux dans la salle de repos du MacDo à prendre notre repas de pause et il me demanda ce que je faisais comme études (il était en licence d’économie). Je faisais un DESS franco-japonais et étais en passe de partir un an pour le Japon.

Me demandant si je pensais y rester après, je répondis que oui, et il sortit un speech qui m’avait beaucoup amusé déjà à l’époque:

“Nan, tu reviendras. Tout le monde revient, et vite. La culture d’une personne est trop forte, c’est impossible de vivre dans une autre culture, on se sent pas bien à la longue. On en voit souvent des gens qui essaient de s’expatrier, mais ils reviennent toujours vite parce qu’il n’y a vraiment que dans sa culture qu’on se sent bien.”

Quel gros con bien sûr de lui, avais-je pensé. Mon opinion de lui n’a jamais changé.